ou comment reconnaître les vrais amis de la paix et/ou de la patrie en période d’exterminisme capitaliste…

Par Georges Gastaud, auteur de l’essai Matérialisme et exterminisme

Chacun connaît le jugement censément porté par le mythique Roi Salomon dans une affaire opposant deux femmes se proclamant concurremment l’une et l’autre la “vraie mère” d’un nouveau-né. Ne disposant pas alors de tests ADN fiables, Salomon déclara alors qu’il suffirait de couper l’enfant en deux moitiés égales, chacune des mères putatives recevant ainsi sa juste moitié de chair. Aussitôt la vraie mère, c’est-à-dire celle qui aimait le plus l’enfant (sans doute l’avait elle mis au monde ?), déclara : “Qu’on donne l’enfant tout entier à ma rivale… pourvu qu’il vive!”… Salomon lui débouta aussitôt la mère ogresse et attribua à sa rivale les pleins droits de maternité sur le petit poupon…

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Eh bien il faut raisonner de même lorsqu’il s’agit de déterminer qui, de Macron et des autres euro-bellicistes russophobes ou bien des militants euro-critiques favorables à une désescalade russo-otanienne mérite le titre de meilleur ami du peuple français, voire de meilleur ami de l’humanité. En effet les Macronistes et leurs suiveurs euro-bellicistes du RN, des LR, du PS et de Place publique disent en substance qu’il faut se préparer coûte que coûte à une guerre continentale avec les Russes et ils traitent de valets de Poutine ceux qui rappellent qu’un tel conflit finirait nécessairement en guerre nucléaire continentale, voire mondiale, et que, dans ces circonstances la France, voire l’Europe, voire l’humanité tout entière seraient très certainement vaporisées. Les premiers répondent alors : “Bande de lâches, que le monde et la France périssent mais que nos belles”valeurs occidentales” (celles qui sont à l’honneur à Wall Street sans doute ?) triomphent!”… Raisonnement absurde du reste car on voit mal comment, sauf à rallier le messianisme biblique le plus ténébreux, le cimetière universel de l’Europe et du monde pourrait permettre le triomphe de quelque “valeurs occidentales” ou pas que ce fût… 

Dans le même esprit, le social-exterministe André Glucksmann écrivait déjà cette atrocité philosophique dans son livre de 1985 intitulé La Force du vertige où il poussait les Européens à risquer s’il le fallait une petite guerre nucléaire avec l’URSS si tel devait être le prix à payer pour se débarrasser des communistes : “j’aime mieux succomber avec mon enfant que j’aime dans un échange de Pershings et de SS 20 que l’imaginer entraîné vers quelque Sibérie planétaire” (avec un tel papa, le belliciste déchaîné qu’est Raphaël pourrait bénéficier de circonstances atténuantes : on ne naît pas fanatique mais on le devient…). Tel est l’exterminisme capitaliste moderne qui consiste à préférer que l’on préfère prendre le risque de périr soi-même avec la France entière, voire avec l’humanité globale, plutôt qu’imaginer un monde nouveau caractérisé par la multipolarite, voire par la relance des luttes pour le socialisme qui suivrait vraisemblablement l’effacement pacifique de l’hégémonie euro-israelo-atlantique sur la planète…

À l’inverse, les partisans de la désescalade et autres adversaires de l’économie de guerre dont font partie les militants communistes, sont les vrais patriotes ET les vrais humanistes puisque leur souci premier est que la population française, l’Europe et l’humanité dans leur exhaustivité, ne soient pas désintégrees à l’issue d’une troisième guerre mondiale inévitablement nucléaire que nous préparent allègrement Macron, Merz et leurs suiveurs. Tels la fausse mère biblique qui eût préféré qu’on lui eût remis une moitié de cadavre enfantin plutôt que de perdre le bras de fer l’opposant à l’autre femme…

L’éternel combat que se livrent ainsi Eros et Thanatos, ce dernier prenant aujourd’hui le visage socialement défini de l’exterminisme capitaliste et supremaciste confronté à l’anti-exterminisme et à l’anti-hegemonisme qui inspire au contraire les forces de résistance du reste très diverses, à la Troisième Guerre mondiale…

Camarades et compatriotes, soyons sûrs que nous sommes les vrais patriotes, mais aussi les vrais amis de l’Humanité, comme pouvait déjà l’être Jaurès en 14, parce que nous n’opposons pas les “voleurs” à la VIE, sans laquelle aucune valeur n’a de valeur. Comme la vraie mère de Salomon, nous aimons tellement notre pays, notre Europe (à distinguer de LEUR maléfique UE-Otan!) et notre humanité que nous les préférons en vie plutôt que débitables en fragments radioactifs pourvu que cette jouissive perspective permettre aux maîtres-chanteurs de l’oligarchie de conserver durant quelques décennies supplémentaires leur dérisoire pouvoir sur une planète que leur inextinguible soif de profits voue de cent manières à une ébullition finale.

“Allons, enfants de la patrie!”… Ou mieux encore, “allez, patrie de tous les enfants, allez le genre humain, allez les amis d’une France et d’une Terre vivantes !