L’ONU à la croisée des chemins : entre « autodestitution » et renaissance démocratique

Nous remercions chaleureusement Radio Galère  et l’émission « Les carnets de Comaguer » pour avoir accueilli ce dialogue essentiel, offrant ainsi une tribune à une pensée philosophique et politique trop souvent exclue des médias publics.

À l’occasion du 80ème anniversaire de l’ONU, Georges Gastaud livre une analyse sans concession de cette « vieille dame » en pleine crise. Loin d’être un simple bilan institutionnel, cet entretien explore les fondements philosophiques du droit international et les menaces existentielles qui pèsent sur l’humanité.

La paix comme état de droit

La paix n’est pas l’absence de violence, mais un état de droit permettant aux nations de sortir de « l’état de nature » où règne la loi du plus fort. S’appuyant sur Rousseau et Kant, il définit l’ONU comme un projet de contrat social entre les nations qui a été systématiquement perverti par les puissances dominantes.

Un bilan critique : de la Palestine à Cuba

L’analyse pointe les faillites historiques de l’organisation :

  • La Palestine : dénonciation de l’« énormité » de la résolution de 1947 et le déni de justice permanent subi par le peuple palestinien sous l’égide d’une organisation censée faire régner le droit.
  • Cuba : Le maintien du blocus, malgré les votes massifs de l’Assemblée générale, illustre l’impuissance d’une structure devenue une république oligarchique.
  • L’exterminisme : Il définit la phase actuelle de l’impérialisme comme un « exterminisme », où le mépris de la parole donnée et la menace nucléaire font courir le risque d’un anéantissement total de la civilisation.

Vers une ONU « plébéienne » et démocratique

Malgré ce constat sombre, l’entretien souligne une évolution positive : la décolonisation a transformé l’Assemblée générale en une tribune plébéienne où les nations opprimées isolent régulièrement les puissances hégémoniques. Pour sauver l’idée même de sécurité collective, je propose des réformes radicales :

  • Transférer le pouvoir réel du Conseil de sécurité vers l’Assemblée générale.
  • Lier le financement de l’ONU au montant des budgets militaires de chaque État.
  • Engager un désarmement nucléaire total et créer une force de police internationale sous mandat de la majorité qualifiée.

Le rôle de la lutte des classes mondiale

Une conclusion marxiste, la garantie profonde de la paix réside dans l’intervention des travailleurs de tous les pays. Seule la lutte contre l’hégémonisme et le capitalisme pourra transformer l’ONU en une société des nations véritablement fraternelle et souveraine.


« Nous galériens, soulevons-nous ! »

https://radiogalere.org/emission/comaguer/les-carnets-de-comaguer-du-08-04-26